DESCARTES AU PANTHEON
DESCARTES AU PANTHEON

Le crane de Descartes

Le 26 février 1819, l'astronome Delambre, secrétaire perpétuel de l'Académie des Sciences accompagna les restes de Descartes lors du transfert dans l'église de Saint Germain des Prés. Il nota soigneusement ses observations qu'il inclua dans son Histoire de l'Astronomie moderne qu'il était en train de rédiger. En particulier, il fut surpris par l'absence de crâne.

 

Il fallut attendre deux ans pour que le crâne maquant ne soit retrouvé en Suède par le chimiste Berzelius qui se trouvait à Paris en 1819 et avait entendu parler des constations faites lors de l'enterrement des restes de Descartes.

 

Le 1er mars 1821, Berzelius tombe sur un article concernant la dispersion des biens du professeur Anders Sparrman mort le 9 août 1820 et sous la direction duquel il avait commencé à travailler. Le journaliste ajoutait que le crâne du célèbre Descartes avait fait partie de la vente. Berzelius retrouve l'acheteur, un certain Arngren et lui rachète le crâne pour le prix qu'il avait payé 18 rixdalers et 36 skillings. Puis il l'envoie en France à Cuvier, secrétaire perpétuel de l'Académie des Sciences accompagné d'une lettre datée du 6 avril.

 

Lors de la réunion de l'Académie du 30 avril, Cuvier présente solennement le crâne. Berthollet qui entretient une correspondance avec Berzelius lui décrit la scène: "L’Académie des Sciences a reçu lundi dernier avec un recueillement religieux et avec une vive sensibilité le présent que vous lui avez fait. On a comparé le crâne avec un portrait de Descartes et on a reconnu entre eux une correspondance qui, jointe aux preuves que vous avez réunies, n’a laissé aucun doute sur le personnage auquel cette tête a appartenu." (lettre de Berthollet du 4 mai 1821).

 

Quelques semaines plus tard, le 1 août 1821, Berzelius écrit à Cuvier : « j’ai reçu dans ces jours la lettre du 3 mai que vous m’avez fait l’honneur de m’adresser — J’ai été très satisfait d’apprendre que vous avez vérifié par des preuves ultérieures que la tête envoyée était en effet celle de Descartes, et je serais très reconnaissant pour le modèle en plâtre que vous venez de m’offrir. »

 

Lors de la séance suivante de l'Académie, le 14 mai, Delambre présenta un rapport qui mettait en doute l'authenticité du crâne envoyé de Suède. Berthollet rapporte cet épisode à Berzelius :"À ce que je vous ai marqué relativement à la réception de la tête de Descartes, je dois ajouter que dans la séance suivante M. Delambre fit quelques observations et prétendit que les procès-verbaux de la réception du cadavre de Descartes et celui fait dernièrement de sa translation dans une église paraissaient prouver que la tête n’en était pas séparée ; mais ses observations ont paru peu fondées." (lettre du 21 octobre 1821)

Le crâne est recouvert de nombreuses inscriptions parmi lesquelles figurent les signatures et les marques des différents propriétaires. Sur le dessus, figure un poème en latin en écriture cursive:

"Parvula Cartesii fuit haec calvaria magni,

exuvias reliquas gallica busta tegunt;

sed laus ingenii toto diffunditur orbe

mistaque coelicolis mens pia semper ovat."

 

Ce poème qui aurait été écrit par M. Sven Hof, directeur d'école de la ville de Skara peut se traduire de la façon suivante:

"Ce petit crâne fut celui du grand Cartesius

Des sépultures en France recouvrent le reste de sa dépouille

Mais la louange de son génie se diffuse sur tout le globe

Et son esprit sacré se réjouit sans cesse parmi les dieux"

Sur le front du crâne est inscrit en suédois: "Le crâne de Descartes, pris par J. Fr. Planström l'an 1666, lorsqu'on devait renvoyer le cors en France". (traduction faite par Jöns Jacob Berzelius).

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